À Klouékanmè, dans le département du Couffo, l’insécurité liée au vol et à l’abattage illégal de bœufs prend une tournure alarmante. Le dernier incident, survenu le 7 janvier 2026 dans l’arrondissement de Lanta, relance le débat sur la protection des éleveurs et l’inaction des autorités face à un phénomène récurrent.
Mercredi 7 janvier 2026. En plein pâturage à Lanta, la quiétude d’un troupeau est brusquement brisée. Des individus armés surgissent et ouvrent le feu. Pris de panique, le berger s’enfuit. Derrière lui, quatre bœufs s’effondrent, abattus à coups de fusil. La scène est brutale, méthodique. Après la fusillade, les assaillants dépouillent les animaux, morcellent la viande et l’acheminent vers des villages et villes environnants pour la vente.
La viande de bœufs tués retrouvée au bord d'une rivière de l'arrondissement de Lanta, commune de Klouékanme.
« Dans la soirée du mercredi 7 janvier 2026, j’ai reçu un appel d’un grand-frère, Abdoulaye Boubé qui m’a informé que des individus armés avaient tiré sur leurs animaux et que le troupeau s’était dispersé », raconte Mama Aboudoulaye, Secrétaire de l’UCOPER Klouékanmè. « J’ai aussitôt alerté le commissaire d’Adjahan », précise-t-il.
Le lendemain matin, une descente sur les lieux permet de découvrir « des viandes attachées dans des sacs et déposées ». Mama Aboudoulaye explique avoir demandé une surveillance discrète. « Quand certains individus sont revenus chercher la viande, j’ai immédiatement appelé le commissaire. » La poursuite mène jusqu’aux abords de Tokanmè-Kpodji, où les suspects sont surpris « en train de charcuter la viande près d’une rivière et de laver les intestins ». Mais, l’opération tourne au drame. « La population s’est jetée sur nous. Ils nous ont ligotés, battus et ont même cherché à nous tuer », confie-t-il, avant que l’intervention de sages du village ne permette leur transfert au commissariat d'Adjahonme.
Pour Mama Aboudoulaye, également responsable à l’ANOPER Bénin, ce drame n’est qu’un épisode de plus. « Depuis cinq ans maintenant, c’est ce qu’ils font. La dernière fois, ils ont même tiré sur l’enfant de mon grand-frère », déplore-t-il.
Face à cette spirale de violence, le Secrétaire de l’UCOPER Klouékanmè lance un cri de cœur pressant. Il appelle les autorités communales, départementales et nationales à se saisir du dossier afin de mettre fin à cette situation.
Soulemane Touré




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