L'ONG EPAD Bénin et l'ADAM-ANUDE ont réunis, ce samedi 29 août 2026 à Manigri, autorités locales, forces de sécurité, agriculteurs, éleveurs et propriétaires terriens autour d'un même impératif : préserver la paix et renforcer la coexistence pacifique dans l'arrondissement.
A Manigri, le dialogue veut prendre le pas sur la méfiance. Face aux tensions récurrentes entre agriculteurs et éleveurs, les différents acteurs se sont retrouvés, ce samedi 29 août 2026, pour rechercher ensemble des pistes de solutions durables. L'initiative est portée par l'ONG EPAD Bénin, en collaboration avec l'Association de développement de Manigri (ADAM-ANUDE).
La rencontre a rassemblé la Directrice exécutive de l'ONG EPAD Bénin, Mariam Chabi Sika, l'honorable Djima Adamou, le Chargé de mission du Chef de l'État auprès des éleveurs de bovins, El Hadj Aboubakar Tidjani Barry, plus connu sous Demmo Tierno, ainsi que Bertin Adanlé, membre du Comité de contrôle des Missions de sécurité et de surveillance des aires pastorales. Étaient également présents des élus locaux, des responsables d'organisations professionnelles, dont Djibo Gansari, Amos Ezekiel, les forces de sécurité de plusieurs localités, des agriculteurs, éleveurs, propriétaires terriens et des professionnels des médias.
Le dialogue comme première réponse aux tensions
Représentant le maire de Bassila, le Chef d'arrondissement de Manigri, Hachirou, à ouvert les échanges. Il a rappelé certains facteurs susceptibles d'alimenter les conflits dans l'arrondissement, avant d'appeler les différentes communautés à privilégier la paix et la compréhension mutuelle.
Pour Mariam Chabi Sika, l'agriculture et l'élevage doivent être prioritaires comme des activités complémentaires. « L'agriculture et l'élevage sont deux activités essentielles à l'économie et à la vie humaine. Pour que la paix règne entre les différents acteurs, nous devons privilégier le dialogue», a-t-elle déclaré.
Le président de l'ADAM-ANUDE, Orou Sadikou, a, pour sa part, donné une dimension particulière à cette rencontre, en la replaçant dans le contexte des événements tragiques survenus le 14 mars 2026 à Manigri.
« Cette rencontre n'est pas une rencontre ordinaire. Elle intervient dans un contexte particulièrement sensible, marqué par des événements douloureux qui ont profondément affecté notre communauté », a-t-il souligné.
Selon lui, les incidents du 14 mars ont fait trois morts et installés « une situation de tension et de méfiance entre certaines composantes de notre communauté, notamment entre agriculteurs et éleveurs ».
« Agriculteurs et éleveurs ne sont pas des ennemis »
Face à cette situation, Orou Sadikou estime qu'il est urgent d'agir. « Nous ne pouvons pas attendre qu'un autre drame survienne avant d'agir », at-il martelé, car l'ADAM-ANUDE a voulu créer « un cadre de dialogue direct entre les différentes parties ».
Il a surtout insisté sur la nécessité de déconstruire les rapports d'opposition entre les deux communautés.
« Agriculteurs et éleveurs ne sont donc pas des ennemis. Nous sommes des fils et des filles d'une même communauté, appelés à vivre ensemble, à travailler ensemble et à construire ensemble l'avenir de Manigri», at-il déclaré.
Il a néanmoins reconnu plusieurs sources potentielles de conflits, notamment « la divagation des animaux, la destruction des cultures, l'accès aux points d'eau, les couloirs de passage du bétail ou encore l'occupation des espaces agropastoraux ».
Mais, prévient-il, « aucun différend ne devrait conduire à la violence, à la vengeance ou à la perte d'une vie humaine ».
Son appel est sans équivoque : « Nous devons donc privilégier le dialogue, la prévention, la médiation et le règlement pacifique des différends. La rencontre de ce jour doit être considérée comme une table de dialogue. »
Le respect du Code pastoral au cœur des échanges
Prenant la parole, le Chargé de mission du Chef de l'État auprès des éleveurs de bovins, El Hadj Aboubakar Tidjani Barry, a sensibilisé les agriculteurs et les éleveurs sur les comportements à adopter pour prévenir les tensions et favoriser une coexistence pacifique.
De son côté, Bertin Adanlé a salué l'initiative de l'ONG EPAD Bénin et de l'ADAM-ANUDE. Il a également exprimé sa reconnaissance à El Hadj Aboubakar Tidjani Barry pour son engagement en faveur de la cohésion sociale.
Parmi les principaux points retenus par Bertin Adanlé figure « l'appel à l'application ou au respect du Code pastoral et la délimitation des couloirs de passage de bœufs évoquée par la Mairie ». Il a assuré qu'un compte rendu des préoccupations soulevées sera transmis « à qui de droit ».
Les forces de sécurité prônent la sincérité
Les forces de sécurité ont également apporté leur contribution aux échanges. Porte-parole des commissaires présents, Prudence Nougbodohoué a mis l'accent sur l'importance de l'honnêteté dans les rapports entre les populations et la police.
« Pour qu'il y ait une bonne collaboration entre policiers et les différents acteurs concernés, il faut que chaque partie soit honnête. Cette honnêteté doit être réciproque vis-à-vis des parties prenantes », a-t-il indiqué.
A l'issue des discussions, plusieurs pistes de sortie de crise ont été évoquées. Elles présagent notamment sur le traçage des couloirs de passage du bétail, la non-violence en cas de différend et le recours prioritaire au dialogue. Les participants ont également évoqué la nécessité d'éviter d'envoyer les enfants au pâturage, ainsi que certaines pratiques de pâturage nocturne.
Vers une nouvelle dynamique à Manigri
Au terme des échanges, un message commun s'est dégagé : la prévention doit désormais prendre le dessus sur la réaction, tandis que le dialogue doit remplacer la confrontation.
« Notre objectif doit être clair : faire de Manigri un espace où les agriculteurs et éleveurs peuvent exercer leurs activités dans la sécurité, la confiance et le respect mutuel », a insisté Orou Sadikou.
Pour le président de l'ADAM-ANUDE, cette rencontre doit marquer « le point de départ d'une nouvelle page dans les relations entre agriculteurs et éleveurs à Manigri ».
Un espoir partagé par les participants, qui entendent désormais transformer les recommandations issues de cette rencontre en actions concrètes. Car à Manigri, la paix entre agriculteurs et éleveurs ne peut être qu'un discours : elle constitue une condition essentielle à la sécurité, au développement local et à l'avenir d'une communauté appelée à vivre ensemble.






2 Commentaires
Abdou Lélé Mahamadou Daïbou
C'est très intéressant, le dialogue est ce qu'il faut du fait que toute violence engendre une autre violence, le recours à la non-violence est l'unique voix pour restaurer la paix , donc courage à vous 🙏
Abdou Lélé Mahamadou Daïbou
C'est très intéressant, le dialogue est ce qu'il faut du fait que toute violence engendre une autre violence, le recours à la non-violence est l'unique voix pour restaurer la paix , donc courage à vous 🙏