À l’approche de la désignation du maire et de son premier adjoint, prévue ce jeudi 12 février 2026, la tension monte au sein du Bloc Républicain (BR) à Bembèrèkè. Majoritaire au conseil communal, le parti fait face à la fronde de ses militants de Bouanri, qui dénoncent un “schéma” de gouvernance ne reflétant pas leurs performances électorales. Depuis la proclamation des résultats définitifs des communales du 11 janvier 2026, le climat politique reste chargé dans cette commune du Nord-Est béninois. Sur 25 sièges, le BR en totalise 14 contre 11 pour l’UP le Renouveau. Une majorité confortable, mais qui n’apaise pas les tensions internes. À Bouanri, arrondissement considéré comme le bastion du Cheval cabré, l’amertume est palpable. Car, Bouanri, arrondissement phare du BR, la pilule ne passe pas. Sur six sièges à pourvoir, le BR y a remporté quatre conseillers, signant sa meilleure performance locale. Une performance dont les militants se disent « particulièrement fiers ». « Grâce à la mobilisation des jeunes et à l’engagement de nos militants, nous avons remporté 4 sièges sur les 6 à pourvoir », souligne le collectif dans une lettre parvenue à Radio Pulaaku Adunaaru. Or, selon les usages internes évoqués par les militants, l’arrondissement ayant enregistré le meilleur score devrait logiquement bénéficier du poste de maire ou de premier adjoint, sauf consensus contraire. « Un schéma qui ne reflète pas la réalité de nos résultats » Mais la satisfaction a vite laissé place à l’inquiétude. « Nous sommes préoccupés par la situation qui se dessine actuellement », écrivent les militants. Ils dénoncent « un schéma qui ne reflète pas la réalité de leur résultat ». Si « la nomination d’un fils de Ina au poste de maire est compréhensible », le choix pressenti « d’un homme de Béroubouay au poste de premier adjoint au maire, alors que notre parti n’a que 2 sièges dans cette localité », suscite « des inquiétudes parmi les conseillers et les jeunes de Bouanri ». « Les populations de Bouanri, en particulier la jeunesse, se sentent lésées et déçues », insiste le collectif. Plusieurs militants auraient quitté la FCBE pour rejoindre le BR, contribuant largement au score enregistré. « Si Bouanri ne bénéficie pas d’un poste de responsabilité à la mairie, cela sera perçu comme une trahison », préviennent-ils, évoquant le risque de démobilisation au sein du parti. Ainsi, le collectif estime que cela « justifiera les choix de ceux qui ont quitté pour l’UP-R ». Appel aux leaders nationaux Rappelant leur « soutien indéfectible » au BR et au Général Gbian Robert, les militants en appellent aux responsables nationaux, notamment Abdoulaye Bio Tchané, pour « remédier à la situation ». À Bembèrèkè, la majorité est acquise. Mais à l’évidence, l’équation politique interne reste à résoudre. La décision attendue ce jeudi pourrait bien redessiner les lignes au sein du parti.





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